Les Cabindais sont-ils victimes d'un déni d'identité et de droit ?
Jean Baptiste Ngimbi n'avait plus droit à la vie, connu sous le nom de « Sans famille ». Son corps sans vie a été retrouvé le 17 Septembre 2016, par l'armée congolaise au bord de la rivière Chiloango, entre les villages de Conde Cavungo et Kibuende à la frontière du Cabinda avec la République Démocratique du Congo (RDC). « Sans famille » parce que toute sa famille a été décimée par la barbarie bestiale, aujourd'hui ses enfants « Sans père », son épouse « Sans mari », les Cabindais « Sans droit à la vie ». Il nous arrive quelque fois d'ôter la vie à une mouche ou un moustique pour une raison sûrement d'hygiène, de santé publique ou de prévention contre le paludisme. Décider d'ôter la vie de Jean Baptiste Ngimbi, c'est pour se prévenir contre quoi ? Quel danger a t-il suscité pour l'enlever, le torturer et lui ôter la vie ?
Que craignent les auteurs de cette barbarie bestiale ? Quelle satisfaction, jouissance ou retombée attendent-ils pour commettre un tel acte inhumain ? Attendent-ils que les Cabindais puissent s'agenouiller pour demander pardon et être exhaussé au droit à la vie ?
Nos martyrs Gabriel Nhemba « Pirilampo », Mauricio Lubota « Sabata » en 2011, ainsi que João Alberto Gomes « Noite e Dia », David Zau, Sebastian Mazunga, José Clemente Mavungo en 2012, et Joao Massanga « Homme de guerre » en 2015, aujourd'hui Jean Baptiste Ngimbi « sans famille », demain Gabriel Tchimbumba, dont nous sommes sans nouvelle car lui aussi enlevé depuis quelques jours par un commando. Ces martyrs Cabindais sont victimes d'une scotomisation, un refus conscient de la communauté internationale de détourner son regard sur les droits du peuple Cabindais. Ce peuple est sûrement non qualifié de protection au sens de la déclaration de l'Assemblée Générale des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones. Sinon, comment comprendre ce silence assourdissant de la communauté internationale sur les nombreuses violations des droits de l'homme dont sont victimes le peuple Cabindais ? Est-ce la puissance des intérêts coalisés qui déni tout droit au peuple Cabindais ?
Pour un peuple, le pire déni de justice n'est pas seulement d'être écrasé mais d'être quasi effacé de la mémoire universelle qui le voue à la poubelle de l'histoire. Pourtant, le Cabinda existe avec son peuple victime d'un conflit oublié où ses droits à la liberté et à la démocratie sont bafoués au quotidien par des arrestations arbitraires ou par des assassinats sommaires.
Nous, le FLEC/FAC, avons toujours dénoncé ses violations répétitives et sauvages des droits de l'Homme au Cabinda par le Gouvernement Angolais sans échos favorable de la communauté internationale. De cette indifférence généralisée, nous oblige de rester mobiliser et déterminer pour défendre et obtenir notre Droit inaliénable à l'Autodétermination conformément à la Déclaration de l'Assemblée Générale des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones à disposer d'eux-mêmes. En vertu de ce droit, ils déterminent librement leur statut politique et assurent librement leur développement économique, social et culturel.
L'autisme et l'aveuglement de la communauté internationale ainsi que l'arrogance du gouvernement angolais n'entament pas la détermination des Cabindais à trouver une solution pacifique à ce conflit qui a fait trop de victimes cabindaises et angolaises. Car, on ne peut pas ôter la vie à une idée souveraine « le droit au respect, à la dignité et à l'identité ».
